Philippe Katerine n’est pas né de la dernière pluie et Luxior j’adore n’est pas sa toute première chanson, contrairement à ce que racontait une gourdasse qui parlait trop fort, dans le bus, hier matin. Non. Il suffit d’aller jeter un œil sur son site : sur scène, seul, bien entouré, mal entouré, sur disques (plein de singles vu que le garçon a longtemps fait partie de la hype parisienne), sur les radios… bref, ça fait bien des murges que Katerine, l’un des chanteurs les plus déglingués de ce pays, tente de faire connaître pitreries.
Ainsi on attendait tous une surprise digne de ce nom, ce samedi soir, à la hauteur des conneries auxquelles il nous avait habitué. Car ses disques sont de plus en plus délirant. En interview, il confie volontiers qu’il s’est détesté, lui et sa production artistique, pendant des années mais qu’aujourd’hui il assume sa connerie.
Dont acte. La tournée s’annonce plutôt bien puisqu’en compagnie des Little Rabits rebaptisés la Secte Machine pour l’occasion, des fois qu’on les aurait reconnus. Concert de fin de tournée annoncé sur Radio Béton, l’hurluberlu est programmé après Debout sur le Zinc qui a mis un pue de feu dans le public.
Et le voilà qui arrive. Et qui aligne une chanson, puis deux, trois… Coordonné avec la com sous-pull rose du moment, il a bien suivi les conseils de sa compagne qui paraît-il le conseille dans sa scénographie a-t-il dit sur Inter. La Secte Machine est habillée en membres d’une secte mais à part ce set d’une grosse vingtaine de chansons parfaitement bien alignées (en fait, les deux albums L’homme à trois mains et Robots après-tout) pas grand chose.
Déçu ? Non, je n’arrive pas y croire. Je me dis qu’il va bien se passer un truc marrant d’ici la fin du concert… Si au rappel, il reviennent tous sur scène moulés dans des combi neoprène blanche et perruques blondes. Voilà. Les chansons ont bien été réarrangées pour les besoin de la scène. Mais c’est à peu près tout. Tant pis. Espérons mieux pour la prochaine fois.
Le Boss est de retour et ce n’est pas pour nous décevoir. Même si cet album ne comporte aucune de ses compositions. Le sous-titre The Seeger Sessions nous livre ici une petite indication… L’explication figure dans le livret. Il est temps car, à la première écoute de la galette, on se demande bien ce qui se passe dans son salon.

C’est une musique folk, country… du traditonnel américain qui envahit nos oreilles. Guilleret, inattendu…
D’ailleurs, à propos de salon, Springsteen raconte que tout a été enregistré en trois jours dans le sien, dans sa ferme du New-Jersey et en live !!! Bon d’accord, mais c’est quoi le trip de n’interpréter que du folk traditionnel américain puisé dans le domaine public ? En fait, lors de sa participation pour la compile/hommage à Pete Seeger, Where All The Flowers Gone, Bruce est allé faire des emplettes pour justement étudier quelles étaient les influences aujourd’hui de song writer connu pour son engagement politique (pas franchement du côté de la droite conservatrice, mais ça on s’en doutait…). Il est revenu avec des disques “plein les bras”.
Et comme, récemment à une bringue toujours chez lui, dans le New-Jersey, Soozie Tyrell, la violoniste du E. Street Band (ex-groupe de Springsteen), lui a présenté des musiciens qui savaient jouer qui du banjo, qui de l’accordéon, qui de la planche à laver… notre Bruce s’est dit « Ah, mais je sais ce que je vais faire avec ces gars-là ! »Certains sont encore nostalgiques du légendaire Born in the USA. Mine de rien, l’album a 25 ans et s’il faisait, déjà à l’époque, état d’une amertume voire d’une colère vis-à-vis de ceux qui veulent faire de l’Amérique un modèle international, le Boss n’a pas changé pour autant.
We Shall Overcome est probablement le plus identitaire qu’il n’ait jamais produit. C’est l’Amérique profonde qui sort de vos enceintes, l’Amérique des ouvriers, des fermiers, des petites villes… bref, l’Amérique presque prolétarienne et cet album vient sonner ici comme un rappel aux idéaux qu’on aurait oublié… Putain mais à propos, qu’est-ce que j’ai foutu de mes CD de Dylan ?